Fort recul des métiers en tension : bonne ou mauvaise nouvelle ?

Les entreprises recrutent plus facilement surtout parce qu’elles embauchent moins : une détente qui n’efface pas les pénuries.

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Photo de Josh Olalde sur Unsplash.

En bref

En 2025, sur 100 personnes en emploi, 46 exercent un métier dans lequel les employeurs rencontrent des difficultés de recrutement fortes ou très fortes. Elles étaient 56 en 2024. C’est ce que signifie le chiffre de 46 % publié par la Dares : il mesure le poids de ces métiers dans l’emploi total, et non la proportion de postes vacants.

1. Pourquoi les difficultés de recrutement diminuent-elles ?

Un métier est « en tension » lorsque les employeurs peinent à recruter. Cela peut tenir au manque de candidats, aux compétences demandées, aux rémunérations ou aux conditions de travail.

La baisse actuelle s’explique notamment par des embauches moins intenses, revenues à un niveau proche de celui d’avant la crise sanitaire. Lorsque moins d’entreprises cherchent simultanément à recruter, elles se concurrencent moins pour attirer les candidats. Les tensions diminuent alors sans que les problèmes de formation ou d’attractivité soient nécessairement résolus.

Évolution des tensions sur le marché du travail et de l’intensité des embauches, 2011-2025

2. Est-ce une bonne nouvelle pour l’emploi ?

Pour une entreprise, recruter plus facilement peut permettre de réaliser des projets jusque-là bloqués. Mais lorsque la détente vient d’une baisse de l’activité, elle signale aussi moins de débouchés pour les candidats.

Le bâtiment l’illustre : selon la Fédération française du bâtiment, l’activité dans la construction neuve a reculé de 10 % en volume en 2025. Moins de chantiers signifie moins de recrutements et moins de commandes pour les fournisseurs de matériaux et d’équipements.

« Quand le bâtiment va, tout va », dit l’adage. Le mouvement inverse se diffuse aussi : plus de 14 000 emplois ont été perdus dans le bâtiment entre les premiers semestres 2025 et 2026, selon la FFB.

3. Les besoins liés au vieillissement échappent-ils à cette baisse ?

Les tensions diminuent dans tous les grands domaines professionnels. Dans la santé et l’action sociale, elles passent également d’un niveau très fort à fort. Le recul touche donc aussi des métiers dont les besoins sont soutenus par le vieillissement de la population.

Mais une baisse des tensions ne signifie pas la disparition des pénuries. Dans l’aide à domicile, France Travail recense pour 2026 près de 70 000 projets de recrutement, dont 62,3 % jugés difficiles. Cette enquête, distincte de celle de la Dares, confirme la persistance des difficultés pour répondre aux besoins d’accompagnement.

Au total, les entreprises peuvent rencontrer moins de difficultés à recruter parce qu’elles embauchent moins. Cette détente peut donc accompagner un affaiblissement de l’activité, tout en laissant persister des besoins importants de compétences, de soin et d’accompagnement.

À lire : Dares, « Les tensions sur le marché du travail en 2025 », 22 octobre 2026.

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