Transports : le prix de l’inaction

Reporter la modernisation du réseau ferroviaire coûte plus cher que la financer. Le calcul est connu depuis longtemps ; il continue pourtant d’être ignoré.

Transports : le prix de l'inaction

L'argument revient à chaque discussion budgétaire : la rénovation du réseau coûte trop cher. Il omet systématiquement l'autre terme de l'équation, le coût de ne rien faire.

Un coût différé n'est pas un coût évité

Une voie non entretenue impose des ralentissements, qui allongent les temps de trajet, qui dégradent la fréquentation, qui réduisent les recettes — et rendent l'investissement futur plus difficile encore à justifier. La boucle se referme sur elle-même.

À cela s'ajoutent les coûts que personne n'inscrit dans la ligne budgétaire du rail : congestion routière, accidents, pollution, report modal contraint vers la voiture individuelle.

Les évaluations socio-économiques disponibles convergent : les bénéfices actualisés de la régénération dépassent son coût, souvent d'un facteur supérieur à deux. Ce résultat est stable d'une méthodologie à l'autre.

Pourquoi la décision ne suit pas

Parce que les coûts de l'inaction sont diffus, différés et sans responsable identifiable, tandis que le coût de l'investissement est concentré, immédiat et parfaitement attribuable. Ce n'est pas un problème de calcul économique : c'est un problème de temporalité politique.


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