Qui paiera la correction ?

Après des années d’endettement massif et de politiques monétaires accommodantes, la facture de la correction en cours est inévitable. Reste à savoir qui en supportera le coût — ménages, entreprises, État ou épargnants.

Qui paiera la correction ?

Pendant plus d'une décennie, l'argent bon marché a tenu lieu de politique économique. Les taux directeurs proches de zéro ont permis aux États de s'endetter sans douleur apparente, aux entreprises de se refinancer indéfiniment et aux ménages d'accéder à la propriété malgré des prix qui s'envolaient.

Le retour de l'inflation a mis fin à cette parenthèse. La remontée des taux, brutale par son rythme, a rétabli le coût du temps : emprunter redevient cher, et les bilans construits sur l'hypothèse inverse se fissurent.

Une facture, plusieurs payeurs possibles

La question n'est pas de savoir si la correction aura lieu — elle est engagée — mais qui en supportera le poids. Trois canaux se dessinent, et le choix entre eux est éminemment politique.

Par l'inflation, d'abord : elle érode la valeur réelle des dettes, donc allège la charge des emprunteurs, au détriment des créanciers et des détenteurs d'épargne liquide. C'est l'ajustement le plus discret, et le plus régressif.

Par l'impôt, ensuite. Il rend l'arbitrage visible et débattu, ce qui en fait l'option la plus coûteuse politiquement, et la plus rarement choisie.

Par la dépense publique, enfin : réduire les prestations, différer les investissements. L'effet est immédiat sur les comptes, différé sur la croissance — et il pèse d'abord sur ceux qui dépendent le plus des services collectifs.

Ce que l'on sait déjà

Les premiers effets sont mesurables. Le coût de la dette publique augmente mécaniquement à chaque refinancement. Les marges des entreprises endettées se resserrent. Le marché immobilier s'ajuste par les volumes avant de s'ajuster par les prix.

Ce que l'on ne sait pas encore, c'est la répartition finale. Elle ne se décidera pas dans les modèles, mais dans les arbitrages budgétaires des trois prochaines années.


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