Par Christine Carluer-Chacon, fellow Inégalités & Société d’ECONOMIXTE
En bref
Malgré les engagements en faveur de l’égalité professionnelle, les écarts de rémunération persistent.
Selon un rapport de l’OIT paru le 21 septembre 2026, l’écart salarial pondéré par les facteurs (factor-weighted gender pay gap) entre femmes et hommes n’a diminué que de deux points en dix ans.
1. Où en est l’écart ?
À l’échelle mondiale, les femmes gagnent encore en moyenne 18 % de moins que les hommes. Ce chiffre porte sur les revenus du travail salarié recensé, en intégrant les structures de revenus nationaux et les secteurs formels (et parfois informels selon les pays). Pour Gilbert F. Houngbo, directeur général de l’OIT, « une réduction de seulement deux points de pourcentage en dix ans est tout simplement insuffisante ».
Les progrès sont par ailleurs inégaux : 2,5 points dans les pays à revenu élevé, contre 1 à 2 points dans les pays à revenu intermédiaire. À 0,2 point par an, combler l’écart reste « un objectif encore lointain ».
2. Pourquoi persiste-t-il ?
Les causes sont multiples : accès inégal à l’emploi et aux carrières, ségrégation professionnelle, partage inégal des responsabilités de soins, discriminations et sous-évaluation du travail féminin.
3. Que faire ?
Des solutions existent : transparence salariale, évaluation objective des emplois, négociation collective, application de la législation sur l’égalité et investissement dans les systèmes de soins et la protection sociale.
Grâce au dialogue social, gouvernements, employeurs et travailleurs peuvent « lutter contre la sous-évaluation du travail effectué par les femmes » (Chidi King, OIT). « Des progrès sont possibles » : il faut agir dès maintenant !





