Par Xavier Delahayes, Senior fellow Entreprises et grandes transformations d’ECONOMIXTE
En bref
Les difficultés du transport aérien ne doivent pas reléguer sa décarbonation au second plan.
1. Faire face au recul du trafic sans différer la transition
Dans La Tribune du 10 octobre 2026, les compagnies alertent sur un trafic français en recul de 0,5 % sur les huit premiers mois de l’année. Elles dénoncent la hausse du kérosène, les taxes et les retards du contrôle aérien. Ces contraintes nourrissent une tension : répondre aux urgences économiques sans reporter les investissements nécessaires à la transition.
2. Financer les carburants durables avec les recettes du carbone
En Europe, les compagnies aériennes paient une partie du CO2 qu’elles émettent. Elles proposent qu’une plus grande part de cet argent serve à développer des carburants d’aviation durables, appelés SAF (Sustainable Aviation Fuel). Fabriqués notamment à partir de déchets ou d’huiles usagées, ces carburants peuvent réduire les émissions de gaz à effet de serre par rapport au kérosène classique, lorsque l’on prend en compte leur fabrication et leur utilisation, selon l’Agence européenne de la sécurité aérienne. Leur combustion émet toujours du CO2 : ils réduisent l’impact climatique des vols sans le supprimer.
3. Lier le soutien au secteur à des réductions d’émissions vérifiables
Faire payer les émissions incite à les réduire ; développer des alternatives peut donner aux entreprises les moyens d’agir. Mais l’acceptation d’un prélèvement dépend aussi de la visibilité de son usage : les acteurs doivent pouvoir comprendre ce qu’il finance et les résultats obtenus.
Soutenir le secteur doit donc aller de pair avec des investissements et des réductions d’émissions vérifiables. Les difficultés présentes appellent des réponses, mais elles ne doivent pas devenir un prétexte pour remettre à plus tard la transition de l’aviation.
Source : Olivier James, La Tribune, 10 octobre 2026, p. 18-19.





